« A toi mon c½ur arraché de ma poitrine.
Il y a quelques heures je me suis arraché le c½ur, privé de ce que j'aimais le plus au monde pour ne pas souffrir encore. Je me suis extirpé de ce à quoi je tenais le plus sur cette terre, et j'ai peut-être laissé s'envoler ma dernière chance. Mon âme me criait d'arrêter car elle était à vif, mon âme te criait d'arrêter car tu la poussais à bout. Mais tu n'as pas écouté, tu n'as rien entendu. Alors je l'ai laissée s'en aller comme je t'ai laissée toi. J'ai enfermé mes sentiments dans une boîte et je l'ai rangée bien sagement au fond d'un tiroir, espérant ne pas trop y penser. Mais ces sentiments cognent à la porte de ce qui vit encore en moi, si fort qu'ils me brisent en mille morceaux. Bientôt, je ne ferais plus partie de ce monde. Je serais de ceux qui ont propriété sur un corps qu'ils ne dirigent plus, qui ont laissé leur âme quelque part sans le vouloir, ou tout simplement qui ont trop aimé...
Il y a quelques heures je me suis arraché le c½ur pour te l'offrir. Il est en ta possession à jamais. Fais-en ce qu'il te plaît, je te le laisse... Tu as tous droits sur moi, rien ne peut t'être refusé. La seule chose qu'il me reste est un corps, alors je vais tâcher de m'en servir à bon escient.
Il y a quelques heures, je me suis arraché le c½ur pour éviter d'avoir mal encore. Car on dit que l'être humain est égoïste et je confirme tout ce qui peut être raconté à ce sujet. J'ai préféré te laisser la garde de mon c½ur en espérant que tu en prendrais soin car il m'était impossible de le supporter encore. Je n'ai pensé qu'à moi en m'ôtant de tout sentiment. Tu n'as pensé qu'à toi en choisissant de t'ôter la vie lentement. Nous sommes à égalité, il me semble. Mon esprit est la dernière chose censée qu'il me reste, et il me dit de partir loin, très loin, car tu vas essayer de me rendre mon c½ur. Et ça ferait trop mal. Alors mon corps a décidé de suivre ses conseils.
Il y a quelques heures je me suis arraché le c½ur car mon amour pour toi devenait trop grand, trop étouffant, et que j'ai préféré garder mon corps en vie afin que ceux qui tiennent à moi n'aient pas à souffrir pareillement à ce que j'ai dût endurer pour toi.
Il y a quelques heures je me suis arraché le c½ur pour venir te l'offrir, comme un dernier cadeau avant de partir.
Il y a quelques heures, je me suis arraché le c½ur.
Bien à toi. Ted. »
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Texte: Moi____________
(Lettre de Ted à Emma,
dans_"Emma._Ou_peut-
être_toi..."qui_est_enM"
cours_d_'_écriture_...)M